Que ressent-on en parapente, et en quoi est-ce différent d’un saut en parachute ?

Pas de chute libre, pas d’avion, pas de vide dans l’estomac. Ce que le corps perçoit vraiment pendant un vol biplace, seconde après seconde.

Par Sky Paragliding · Publié le · 5 min de lecture

Dans les moteurs de recherche, « parapente » et « saut en parachute » se croisent souvent, et beaucoup de personnes qui cherchent une sensation forte près de Marrakech confondent les deux. Les deux activités utilisent une voile en tissu et ne se ressemblent presque pas pour le passager. Voici ce que le corps perçoit pendant un vol biplace, et ce qui le distingue d’un saut. Précisons-le d’emblée : Sky Paragliding, près de Marrakech, propose uniquement du parapente biplace, et aucun saut en parachute.

Parapente ou parachute : la différence tient au départ

Un saut commence par la sortie d’un avion. Le corps tombe ensuite en chute libre jusqu’à l’ouverture du parachute, et un parachutiste stable à plat ventre atteint environ 200 km/h. C’est cette chute, et cette vitesse, que l’on vient chercher.

Un parapente part du sol, à pied, sur une pente. L’aile est gonflée au-dessus de vous avant que vos pieds quittent le terrain, elle vous porte déjà au moment où le sol s’éloigne. Il n’existe donc aucun moment de chute. Le parapente est un aéronef issu du parachute, mais sa pratique, comme le rappelle l’article de référence, est indépendante du parachutisme et se rapproche du vol à voile. Il sert à rester en l’air, là où le parachute sert à redescendre.

Parapente biplaceSaut en parachute
DépartÀ pied, sur une penteDepuis un avion
Chute libreAucuneOui, avant l’ouverture
Sensation dominanteCalme, silence, paysageVitesse, poussée de l’air
PositionAssis dans une selletteÀ plat ventre, puis suspendu

Les dix premières secondes : du bruit et une traction

Le pilote lève la voile derrière vous. Elle se remplit, elle tire dans les épaules, et à partir de là c’est elle qui vous tient. Vous marchez trois ou quatre pas, parce que le sol descend, puis il n’est plus là. Personne n’a sauté.

Ces premières secondes sont les plus bruyantes du vol : le tissu claque, les suspentes sifflent, on entend le pilote respirer. L’envie de regarder ses pieds est forte. Regardez devant vous, c’est la seule consigne qui compte vraiment à ce moment-là. Ceux qui découvrent le vol retrouveront ces instants détaillés sur notre page consacrée au baptême de parapente, avec les inquiétudes les plus fréquentes.

Le moment où l’on s’assoit

Le pilote tire une sangle, vous basculez en position assise dans la sellette. Vous ne pendez pas au bout d’un harnais : vous êtes dans un siège rembourré, avec un dossier, comme dans un transat. Le bruit tombe d’un coup. C’est ce silence que les passagers racontent en redescendant, plus que la vue. Les mains peuvent lâcher les élévateurs, et la conversation commence : le pilote est à trente centimètres derrière votre tête, on se parle normalement, sans crier.

Parapente biplace jaune et vert au-dessus des collines d’Aguergour
Vu de la sellette, le relief défile lentement : le sol est trop loin pour donner une impression de vitesse.

Sent-on la vitesse ? Le ventre se noue-t-il ?

En plané, on ne sent pas la vitesse, car le sol est trop loin pour servir de repère. Ce qui reste, c’est une sensation de lenteur, et quinze minutes en l’air paraissent en durer quatre ou cinq.

Le vide dans l’estomac, celui des montagnes russes, vient d’une chute soudaine, et un vol calme n’en comporte pas. Les choses changent dans les virages engagés : la force qui vous enfonce dans la sellette et les mouvements de balancier se sentent, et certaines personnes y sont sensibles. Par défaut, le vol reste droit et calme. Le pilote ne fait de figures que si vous le demandez et si les conditions s’y prêtent, et cela se décide à deux, en l’air, jamais par surprise. Si vous vous sentez mal, dites-le : il vole droit, arrête les virages et prend le chemin le plus direct vers l’atterrissage.

Et le vertige ?

Le vertige a besoin d’un repère fixe tout proche : le bord d’un balcon, une échelle, une paroi qui plonge. En vol, ce repère n’existe plus, et la sensation disparaît presque toujours dans la première minute. L’appréhension se loge plutôt avant le décollage : le harnais qu’on serre, la voile qu’on étale, la pente qu’on regarde. Nous ne pouvons pas promettre que vous n’aurez pas peur, seulement vous dire où cette peur se situe en général, et qu’aucune obligation ne vous attend en haut.

Le froid, le vent, l’atterrissage

L’air du vol est nettement plus frais que celui du décollage, même en été. Une veste fine change tout, surtout pour les mains.

À l’approche, le pilote annonce, vous ressortez les jambes et le champ se rapproche plus lentement qu’on ne le croit. On se pose en marchant. Nous décrivons ce moment et tout ce qui précède sur notre page vol en tandem à Marrakech, et la sortie complète, route comprise, dans le récit d’une matinée de vol étape par étape.

Ce qu’on ne ressent pas, et ce qu’il faut garder en tête

Le passager n’a rien à faire et aucune commande à tenir : ce qu’il fait depuis la place avant n’a pas d’effet sur la trajectoire, et beaucoup y trouvent une forme de tranquillité. Cela ne retire pas au vol sa nature : le parapente reste une activité aérienne qui dépend du vent et du jugement du pilote, et aucun encadrement n’efface tout risque. Prévenez-nous en cas de problème cardiaque, de dos fragile, de grossesse ou d’opération récente, pour décider ensemble avant de monter.

Une fois assis dans la sellette, les yeux se relèvent vite. Ce qui les occupe ensuite, le lac, les villages et les crêtes, fait l’objet d’un article à part : le paysage vu depuis l’aile.

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