Pendant un vol biplace, vous ne voyez presque pas la personne qui fait tout le travail : elle se trouve derrière vous, à trente centimètres de votre tête. Avant de monter, on se demande souvent qui elle est et ce qu’elle fait exactement. Cet article décrit le rôle du pilote et de l’équipe, tel que cela se passe chez Sky Paragliding à Aguergour, puis donne quelques questions à poser, chez nous comme ailleurs.
Avant le vol : celui qui lit la journée
Le travail commence bien avant votre arrivée. Nos pilotes volent sur cette même pente depuis plus de dix ans. Ils savent à quelle heure la brise se lève à Aguergour, où l’air monte le mieux en avril, et à partir de quand il vaut mieux plier. C’est cette connaissance qui fixe l’heure de votre rendez-vous, confirmée une fois la météo lue. Vous trouverez plus de détails sur ces personnes et sur le terrain dans notre page de présentation.
Une décision lui appartient entièrement : voler ou non. Elle se prend au fil de la journée et ne se discute pas, même quand la matinée est belle vu d’en bas et que tout le monde a fait la route. Un vol reporté signifie que le système fonctionne. Si vous voulez comprendre sur quoi repose ce choix, notre décryptage de l’air au-dessus de la crête entre dans le détail.
Au décollage : équiper, expliquer, vérifier
Une fois en haut, le pilote vous équipe : sellette et casque à votre taille. L’aile biplace est plus grande qu’une aile solo, environ 40 m² contre 25, et se déploie au sol. Le briefing suit, dans votre langue, en français, anglais, espagnol, allemand ou arabe. Personne ne décolle sans avoir compris ce qui va se passer, et les consignes tiennent en trois gestes : marcher sans s’arrêter, garder la tête droite, ne pas s’asseoir avant le signal.
Le dernier geste avant de partir est un contrôle. Vous êtes relié à l’aile par quatre mousquetons, deux pour vous et deux pour le pilote, verrouillés et vérifiés à voix haute. Le matériel est contrôlé avant chaque décollage, et le parachute de secours embarqué est dimensionné pour la charge du biplace. La page parapente biplace, la place passager expliquée détaille cet équipement.

En l’air : piloter, parler, filmer
Le pilote occupe la place arrière parce que c’est de là qu’on voit l’aile, qu’on sent la sellette bouger et qu’on garde les mains libres. Il cherche les zones d’air chaud qui montent le long de la pente, et l’aile grimpe. En même temps, il vous parle : on discute sans crier, et beaucoup de passagers posent leurs questions une fois en l’air.
Si vous avez demandé les images, il filme à la perche depuis l’aile. Il adapte aussi le vol à vous. Par défaut, celui-ci reste droit et calme. Les virages engagés se décident à deux, et si vous dites que cela ne va pas, il raccourcit et prend le chemin le plus direct vers l’atterrissage. Pour le déroulé de ces minutes vu de votre place, lisez ce que le corps perçoit pendant le vol.
Après : le pliage et ce qu’on vous remet
À l’atterrissage, le pilote annonce, vous ressortez les jambes et vous vous posez en marchant. Vient ensuite le pliage de la voile, un moment où l’adrénaline retombe et où l’on parle librement. Les images sont remises sur une carte mémoire. Si le vol vous a donné envie d’aller plus loin, sachez que nous ne vendons pas de cours, mais nous savons vers qui vous orienter à Marrakech.
Comment devient-on pilote de biplace ?
Emmener un passager ne s’improvise pas à la sortie du brevet solo. C’est une qualification distincte, obtenue après un nombre minimum d’heures et de vols, puis entretenue. Les règles varient selon les pays. À titre d’exemple documenté, la Fédération Suisse de Vol Libre n’admet à la première partie de son examen de pilote de biplace que les candidats titulaires de la licence de parapente depuis au moins deux ans, et qui justifient d’au moins 200 grands vols depuis son obtention. L’examen comporte ensuite une partie en solo et une partie en biplace.
Cet exemple sert de repère sur le niveau d’exigence du métier. Il ne décrit pas le cadre marocain, et il ne dit rien des licences de chaque pilote : c’est à eux qu’il faut le demander.
Cinq questions à poser avant de voler
Une structure sérieuse répond à ces questions sans hésiter, et nous vous invitons à nous les poser comme à d’autres.
- Quel brevet le pilote détient-il, et sa qualification biplace est-elle à jour ?
- De quelle année date l’aile ?
- Quelle assurance couvre le vol ? Nos vols biplaces sont couverts par une responsabilité civile professionnelle, et une décharge est à signer. Vérifiez aussi que votre assurance voyage n’exclut pas les sports aériens : beaucoup le font.
- Que se passe-t-il si le vent ne permet pas de voler ? Chez nous, on reporte ou on rembourse.
- Puis-je renoncer une fois en haut ? Chez nous, oui : vous redescendez avec l’équipe et le vol n’est pas facturé.
Une bonne équipe réduit les risques, sans pouvoir les supprimer : le parapente reste une activité qui dépend de l’air. Pour voir la place de chacun sur l’ensemble de la matinée, reportez-vous à notre déroulé de la sortie depuis Marrakech, ou lisez le vol biplace expliqué simplement.