Une fois assis dans la sellette, on relève la tête, et c’est là que le vol change de nature. Le décollage d’Aguergour fait face au lac de Lalla Takerkoust, avec les crêtes du Haut Atlas de l’autre côté. Dans un même virage, on passe de l’eau à la montagne. Voici ce que vous avez sous les yeux quand vous volez au-dessus d’Aguergour avec nous, et d’où vient ce paysage, pour mettre des noms sur ce que vous verrez.
Le lac : une retenue sur le N’Fis
Le plan d’eau n’a rien de naturel. Il s’agit de la retenue du barrage de Lalla Takerkoust, à environ 35 km au sud-ouest de Marrakech, sur l’oued N’Fis, un affluent du Tensift. L’ouvrage date de 1935. Vu du ciel, on comprend ce relief d’un coup d’œil : une vallée barrée, de l’eau qui remplit ses creux et une rive découpée.
Son niveau change beaucoup d’une année à l’autre. Le barrage sert notamment à l’irrigation, et le manque d’eau le vide : le 20 janvier 2024, la presse marocaine relevait un taux de remplissage de 26,66 %. Ne vous attendez donc pas à une image figée. Les berges peuvent être larges et claires, et le lac plus petit que sur une photo prise une autre année. Le contraste avec le sol sec reste frappant.
Sur une carte, Lalla Takerkoust désigne à la fois le lac, le barrage et une localité de la province d’Al Haouz. Aguergour est le village situé sous la crête de décollage, et c’est le nom à retenir pour le rendez-vous. L’ouvrage a aussi changé de taille : l’entreprise VSL indique avoir participé à son rehaussement de 9 m, entre 1979 et 1981, pour augmenter le volume d’eau stocké.
Sous l’aile : Aguergour et les villages
Juste sous vos pieds, le premier plan est fait de pentes nues, de pistes et de toits ocre. La crête dont vous partez domine le village d’Aguergour, et d’autres villages berbères s’égrènent en dessous. Vus d’en haut, ils paraissent minuscules, et l’on distingue mieux que depuis la route leur organisation : les maisons groupées, les parcelles cultivées, les chemins qui les relient.
Le relief lui-même fait une bonne partie du spectacle. Les collines d’Aguergour sont creusées de ravines qui dessinent des lignes nettes, surtout quand le soleil est bas et que les ombres s’allongent. C’est à ce moment-là que les pentes prennent leurs couleurs les plus chaudes.

Au sud : la ligne du Haut Atlas
De l’autre côté se dressent les crêtes du Haut Atlas. La chaîne culmine au Toubkal, à 4 167 m, le point le plus haut du Maroc et de l’Afrique du Nord. Cela ne veut pas dire que vous le verrez : tout dépend de la visibilité du jour, et nous préférons que vous posiez la question au pilote une fois en l’air, plutôt que de vous promettre un sommet. Quand l’air est clair et que la neige tient sur les hauteurs, la montagne forme la ligne blanche que l’on aperçoit dès le décollage.
Au nord, le regard s’échappe vers la plaine qui mène à Marrakech. Sa platitude tranche avec les reliefs immédiats, et c’est cette juxtaposition, l’eau, la plaine et la montagne dans un même champ de vision, qui donne à ce site son caractère.
Un paysage qui change avec la saison
Le décor n’a pas la même couleur toute l’année. Nos photos prises depuis l’aile montrent ces deux visages : des pentes d’un vert franc, couvertes de fleurs jaunes, et des collines sèches, ocre et rouille. Le vert suit les pluies, l’ocre revient quand le sol sèche.

L’heure compte autant que le mois. Au soleil bas, les reliefs ressortent et le lac prend de la couleur. En milieu de journée, la lumière écrase les volumes. L’heure du vol dépend d’abord de l’air, comme l’explique notre article sur le ciel d’Aguergour. Si vous cherchez avant tout la lumière, dites-le en réservant : nous vous dirons si un créneau tôt ou tard dans la journée est possible à vos dates.
Comment bien regarder pendant quinze minutes
Le vol passe vite, et la place avant aide : rien ne vous passe devant les yeux, ni ligne, ni bras, ni instrument. Les élévateurs et les commandes partent des épaules du pilote, derrière vous. Quelques habitudes aident à profiter de cet espace :
- Demandez au pilote de vous nommer ce que vous voyez. Il connaît ce terrain depuis plus de dix ans, et les questions se posent très bien en vol.
- Laissez le téléphone dans la poche fermée. Le pilote filme à la perche si vous avez demandé les images, et vos mains restent libres.
- Regardez aussi derrière et sur les côtés dans les virages, quand l’aile s’incline et que le lac entre dans le champ. C’est dans le grand virage que la vue s’ouvre vraiment.
Et ailleurs au Maroc ?
Ce mélange de lac et de montagne est propre à ce coin. D’autres sites ont d’autres atouts, comme les falaises face à l’Atlantique du côté de Mirleft, et nous les présentons sur notre guide des régions de vol au Maroc. Pour tout ce qui concerne la distance, l’accès et le tarif depuis la ville, consultez la page parapente à Marrakech.
